{"id":2943,"date":"2025-04-24T11:20:37","date_gmt":"2025-04-24T09:20:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.okaju.lu\/100-joer-kannerrechter\/implementing-the-united-nations-convention-on-the-rights-of-the-child-genuine-successes-or-ratification-alone\/"},"modified":"2025-04-28T15:06:05","modified_gmt":"2025-04-28T13:06:05","slug":"implementing-the-united-nations-convention-on-the-rights-of-the-child-genuine-successes-or-ratification-alone","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.okaju.lu\/en\/100-joer-kannerrechter\/implementing-the-united-nations-convention-on-the-rights-of-the-child-genuine-successes-or-ratification-alone\/","title":{"rendered":"Implementing the United Nations Convention on the Rights of the Child: genuine successes or ratification alone?"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"2943\" class=\"elementor elementor-2943 elementor-2525\" data-elementor-post-type=\"page\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b1d805e e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"b1d805e\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-22344a7 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"22344a7\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Implementing the United Nations Convention on the Rights of the Child: genuine successes or ratification alone?<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-22893da elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"22893da\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<h6>Renate Winter<\/h6>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6ad3c3a elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"6ad3c3a\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Renate Winter began her judicial career in 1981 in Vienna as judge of the Viennese Youth Court. She has since been an international judge, vice president and president of the Special Court of Sierra Leone, and an international judge at the Supreme Court in Kosovo. She has also been president of the International Association of Youth and Family Court Judges and Magistrates.  <\/p>\n<p>Renate works with international organisations, the Council of Europe, United Nations bodies and the European Union. She provides advice to governments on issues relating to juvenile justice and child protection, women\u2019s issues, child soldiers, organised crime, and the integration of asylum seekers and refugees. She assists governments in drafting laws and with monitoring and evaluating their justice systems.  <\/p>\n<p>She has longstanding experience with European projects on judicial reform and justice institutions in numerous countries. In 2013, she became a member of the United Nations Children\u2019s Rights Committee, subsequently serving as vice president and president of the Committee. <\/p>\n<p>Renate continues to advise governments, intergovernmental organisations and non-governmental organisations.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-ef62fde elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"ef62fde\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><\/a><\/p>\n<p>La Convention internationale des droits de l\u2019enfant (CIDE) a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies le 20 novembre 1989. Elle est entr\u00e9e en vigueur le 2 septembre 1990 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9e par un nombre d\u2019\u00c9tats sup\u00e9rieur \u00e0 celui requis. Certaines r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises au d\u00e9but, mais elles se sont progressivement dissip\u00e9es au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies.   En effet, selon les Nations Unies :<\/p>\n<p><em>Ces 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, la vie des enfants a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e par cette Convention, qui est l\u2019instrument relatif aux droits de l\u2019Homme le plus largement ratifi\u00e9 de l\u2019histoire. La Convention relative aux droits de l\u2019enfant a incit\u00e9 les gouvernements \u00e0 changer leurs lois et leurs politiques, pour que davantage d\u2019enfants puissent acc\u00e9der aux soins de sant\u00e9 et \u00e0 la nutrition qui leur sont n\u00e9cessaires. Il existe d\u00e9sormais de meilleures garanties pour prot\u00e9ger les enfants de la violence et de l\u2019exploitation. Davantage d\u2019enfants font entendre leurs voix et participent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Il reste cependant encore beaucoup \u00e0 faire    <\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Ces succ\u00e8s apparents nous permettent d\u2019esp\u00e9rer que \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l\u2019enfant \u00bb sera bient\u00f4t pleinement pris en compte partout dans le monde et mis en \u0153uvre dans le cadre de toute d\u00e9cision concernant un enfant. Mais cet espoir est-il fond\u00e9 ? <\/p>\n<p>En 1991, le Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant des Nations Unies a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour superviser la mise en \u0153uvre des droits de l\u2019enfant dans tous les \u00c9tats qui ont ratifi\u00e9 la Convention :<\/p>\n<p><em>Le Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant est un organe compos\u00e9 de 18 experts ind\u00e9pendants qui surveille la mise en \u0153uvre de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant par les \u00c9tats parties. Il surveille \u00e9galement la mise en \u0153uvre des Protocoles facultatifs \u00e0 la Convention, concernant l\u2019implication d\u2019enfants dans les conflits arm\u00e9s et la vente d\u2019enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en sc\u00e8ne des enfants (ainsi que le Protocole facultatif sur les communications) <\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Tous les \u00c9tats qui ont sign\u00e9 la Convention doivent pr\u00e9senter un rapport au Comit\u00e9, qui de son c\u00f4t\u00e9 publie des observations finales contenant des recommandations sur la mani\u00e8re dont chaque pays peut mieux remplir son mandat. Cela devrait signifier que dans tous les \u00c9tats, la vie des enfants continuera \u00e0 s\u2019am\u00e9liorer jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019y ait plus de difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9liminer. Dans ce cas, pourquoi des millions d\u2019enfants souffrent-ils encore des cons\u00e9quences de la violence, de la traite d\u2019\u00eatres humains, du manque d\u2019acc\u00e8s aux soins de sant\u00e9 et de l\u2019absence d\u2019\u00e9ducation appropri\u00e9e, sans m\u00eame savoir qu\u2019ils ont des droits ? Peut-\u00eatre parce que personne ne le leur a dit ou peut-\u00eatre parce que personne ne <em>veut<\/em> le leur dire.   <\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que la Convention internationale des droits de l\u2019enfant est un document tr\u00e8s important \u2013 le seul, d\u2019ailleurs, \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9 par tous les \u00c9tats membres des Nations Unies, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un seul. Cela n\u2019est pas anodin. Il est \u00e9galement \u00e9vident qu\u2019il n\u2019a fallu que 30 ans aux \u00c9tats membres pour reconna\u00eetre que l\u2019enfant n\u2019est pas un <em>objet<\/em> mais un <em>sujet<\/em> de droits (m\u00eame si cela n\u2019est pas encore totalement accept\u00e9 dans de nombreux pays). Ce d\u00e9lai est plut\u00f4t rapide si on le compare au temps qu\u2019il a fallu pour que les gens comprennent que les enfants sont des \u00eatres humains \u00e0 part enti\u00e8re, dot\u00e9s d\u2019un ensemble complet de droits de l\u2019Homme.   <\/p>\n<p>Cependant, il y a une grande diff\u00e9rence entre la ratification et la mise en \u0153uvre d\u2019une convention et cela constitue le sujet de ce chapitre.<\/p>\n<p><strong>Obstacles \u00e0 la mise en \u0153uvre de la Convention<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong>Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 presque toute ma vie sur ce sujet en tant qu\u2019experte, conseill\u00e8re et juge et apr\u00e8s avoir directement travaill\u00e9 avec le Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant pendant huit ans, mon exp\u00e9rience de la mise en \u0153uvre de la Convention dans les diff\u00e9rents \u00c9tats m\u2019inspire des sentiments plut\u00f4t mitig\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 ma connaissance, aucun des \u00c9tats parties n\u2019a pleinement mis en \u0153uvre la Convention. Il est vrai que certains pays ont fait d\u2019\u00e9normes progr\u00e8s, comme les pays nordiques en Europe et une poign\u00e9e de pays petits et riches qui peuvent se permettre d\u2019investir dans les enfants malgr\u00e9 d\u2019autres questions \u00ab plus importantes \u00bb. Un nombre non n\u00e9gligeable de pays n\u2019a cependant pas fait de tels progr\u00e8s.  <\/p>\n<p>Certains pays sont beaucoup trop pauvres pour \u00eatre en mesure de traiter toutes les questions qu\u2019un \u00c9tat a le devoir de traiter en vertu de la Convention. M\u00eame si ces pays re\u00e7oivent l\u2019aide de donateurs (par exemple, pour mettre en place un syst\u00e8me de travailleurs sociaux et les former), cette aide n\u2019est pas durable : d\u00e8s que l\u2019aide prend fin, les travailleurs sociaux sont licenci\u00e9s parce qu\u2019il n\u2019y a plus le budget pour les maintenir en poste. D\u2019autres questions, comme l\u2019achat d\u2019armes, sont plus importantes pour les gouvernements que les droits de l\u2019enfant.  <\/p>\n<p>Mon exp\u00e9rience m\u2019a \u00e9galement montr\u00e9 que dans certains \u00c9tats, tr\u00e8s peu de personnes connaissent l\u2019existence de la Convention et encore moins son contenu. Si l\u2019on demande \u00e0 des diplomates, des \u00e9tudiants ou des professionnels sur le terrain s\u2019ils connaissent la Convention internationale des droits de l\u2019enfant, beaucoup r\u00e9pondront qu\u2019ils savent qu\u2019elle existe ; mais si on leur demande ce qu\u2019ils savent de son contenu, il n\u2019est plus aussi certain qu\u2019ils puissent en dire quoi que ce soit. M\u00eame au sein des minist\u00e8res, bien des personnes n\u2019ont pas lu la Convention et ne connaissent ni de pr\u00e8s, ni de loin les droits de l\u2019enfant tels qu\u2019ils y sont \u00e9nonc\u00e9s. Quant aux quelques personnes qui l\u2019ont lue, elles ne pensent pas qu\u2019il soit utile ou pertinent d\u2019en parler \u00e0 d\u2019autres membres de leur gouvernement, souvent pour des raisons politiques.   <\/p>\n<p>Certains pays manquent d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019accomplissement des devoirs qui incombent aux \u00c9tats parties en ce qui concerne la mise en \u0153uvre de la l\u00e9gislation relative aux enfants ; ils ne disposent ni du personnel form\u00e9 pour effectuer ce travail, ni des infrastructures appropri\u00e9es, ni des services charg\u00e9s de faciliter la mise en \u0153uvre, ni des chercheurs, ni des plans ou sch\u00e9mas directeurs dont ils auraient besoin. M\u00eame s\u2019ils re\u00e7oivent de l\u2019aide dans la planification, celle-ci ne d\u00e9bouche g\u00e9n\u00e9ralement pas sur des actions ; au mieux, quelques petits projets sont mis en \u0153uvre. <\/p>\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoutent les \u00e9normes probl\u00e8mes pos\u00e9s par la religion, les coutumes et les traditions. De nombreux pays \u2013 plus nombreux qu\u2019on ne le croit \u2013 ont des coutumes qui interdisent \u00e0 l\u2019enfant de s\u2019exprimer. Beaucoup ont une religion dominante qui reconna\u00eet les droits des familles mais pas ceux des enfants. Dans de nombreuses pratiques traditionnelles, les enfants n\u2019ont aucun droit car, en tant qu\u2019enfants, ils ne sont pas accept\u00e9s en tant qu\u2019\u00eatres humains \u00e0 part enti\u00e8re. Ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab adultes en devenir \u00bb et n\u2019ont donc pas les m\u00eames droits qu\u2019un adulte. La Convention pr\u00e9cise toutefois que les droits des enfants vont au-del\u00e0 de ceux des adultes et incluent des droits suppl\u00e9mentaires li\u00e9s \u00e0 la protection<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.     <\/p>\n<p>M\u00eame parmi les pays qui ne sont pas pauvres, qui sont inform\u00e9s et exp\u00e9riment\u00e9s, et qui ne sont pas soumis \u00e0 la forte influence de coutumes, de religions et de traditions contraires aux droits de l\u2019enfant, certains \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 mettre en \u0153uvre les articles ratifi\u00e9s par la Convention parce que cela co\u00fbte cher. Comme le souligne souvent la presse, il n\u2019est pas rare que des hommes politiques estiment que, les enfants ne pouvant pas voter, d\u00e9penser de l\u2019argent pour eux n\u2019est pas une priorit\u00e9. Ils peuvent dire que les enfants sont l\u2019avenir de leur pays, mais ils ne les consid\u00e8rent pas comme une priorit\u00e9 au pr\u00e9sent. Ils peuvent essayer de capter le vote des parents en disant que l\u2019\u00e9ducation est importante, tout en limitant leurs investissements dans les \u00e9coles, les universit\u00e9s et les \u00e9tablissements pr\u00e9scolaires. Un tr\u00e8s petit nombre de pays a accord\u00e9 le droit de vote aux personnes de moins de 18 ans ; cependant, m\u00eame dans ce cas, si l\u2019on consulte les programmes des partis, on constate qu\u2019ils n\u2019ont pas grand-chose \u00e0 voir avec les int\u00e9r\u00eats et les besoins des jeunes. On entend des arguments \u00e0 ce sujet : \u00ab Un jeune de 16 ans n\u2019a pas besoin d\u2019un programme ; il vote avec ses parents ou contre eux et c\u2019est tout ce \u00e0 quoi il pense \u00bb.     <\/p>\n<p>Veiller \u00e0 ce que les droits de l\u2019enfant soient pleinement respect\u00e9s a un co\u00fbt. Il faut des programmes, une protection, des outils, des projets, des infrastructures et des cadres et tout cela implique des d\u00e9penses. Il est cependant bien plus co\u00fbteux de <em>ne pas<\/em> mettre en \u0153uvre les droits de l\u2019enfant. Dans les pays dits riches ou moyennement riches, le co\u00fbt de la mise en \u0153uvre de ces droits est bien inf\u00e9rieur \u00e0 celui d\u2019un syst\u00e8me judiciaire qui doit au final g\u00e9rer les cons\u00e9quences de l\u2019absence de protection des enfants contre la violence, du refus de leur donner acc\u00e8s aux syst\u00e8mes de sant\u00e9 (par exemple en guise de punition pour un avortement ill\u00e9gal), de l\u2019absence de politiques contre le harc\u00e8lement ou le recrutement de jeunes par des gangs et de l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 mettre en place un syst\u00e8me d\u2019aide sociale efficace pour aider les enfants.   <\/p>\n<p><strong>Les devoirs des \u00c9tats<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00c9tats membres qui sont r\u00e9ellement d\u00e9sireux de mettre en \u0153uvre la Convention devraient envisager : de d\u00e9velopper les comp\u00e9tences linguistiques et techniques de leurs enfants ; d\u2019am\u00e9liorer la viabilit\u00e9 des infrastructures d\u2019aide aux enfants ; de fournir aux enfants un acc\u00e8s aux services essentiels, tels que la sant\u00e9 (dans la plupart des pays, l\u2019offre de soins de sant\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9s pour les enfants, y compris des m\u00e9dicaments et des institutions sp\u00e9cifiques, est limit\u00e9e voire inexistante) ; et de fournir une \u00e9ducation qualifi\u00e9e<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, une assistance sociale et des services de prise en charge (tels que le placement en famille d\u2019accueil, le suivi psychologique ou des lignes d\u2019assistance t\u00e9l\u00e9phoniques). Ils devraient \u00e9galement permettre aux enfants de participer aux discussions politiques en respectant l\u2019article 12 de la Convention (le droit d\u2019\u00eatre entendu). L\u2019implication des autorit\u00e9s locales est \u00e9galement essentielle : dans de nombreux \u00c9tats, ce sont elles, plut\u00f4t que les autorit\u00e9s centrales, qui savent le mieux ce dont leurs enfants ont besoin et comment r\u00e9soudre au mieux leurs probl\u00e8mes.  <\/p>\n<p>L\u2019environnement est une question br\u00fblante pour les enfants du monde entier. Un monde dans lequel le changement climatique et l\u2019ultra-capitalisme causent simultan\u00e9ment des dommages n\u2019est pas propice \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019environnements s\u00fbrs et sains, o\u00f9 les enfants peuvent jouer, vivre et grandir. Jouer dans un lieu o\u00f9 la priorit\u00e9 est d\u2019extraire du p\u00e9trole, du cuivre ou de l\u2019or est dangereux, tout comme l\u2019est un climat sous lequel les for\u00eats br\u00fblent ou sous lequel les rivi\u00e8res en crue submergent des villages, des villes et m\u00eame des \u00eeles enti\u00e8res. Quand est-ce que l\u2019article 6 de la Convention \u2013 le droit de l\u2019enfant \u00e0 un d\u00e9veloppement s\u00fbr, lui permettant d\u2019atteindre pleinement son potentiel \u2013 sera mis en \u0153uvre dans ces territoires ?   <\/p>\n<p>Les recommandations de la Commission europ\u00e9enne sur les syst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s de protection de l\u2019enfance, publi\u00e9es en avril 2024, d\u00e9finissent un cadre g\u00e9n\u00e9ral pour les mesures \u00e0 prendre<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Avant tout, les pays doivent utiliser plus efficacement les ressources dont ils disposent d\u00e9j\u00e0. Il s\u2019agit notamment de :  <\/p>\n<ul>\n<li>am\u00e9liorer la coordination et la coop\u00e9ration entre les diff\u00e9rents secteurs et les pouvoirs publics, ce qui n\u2019est pas toujours le cas en raison de l\u2019\u00ab esprit de clocher \u00bb tr\u00e8s r\u00e9pandu ;<\/li>\n<li>fournir un soutien complet et coordonn\u00e9 \u2013 ce qui est souvent entrav\u00e9 par les organisations, les institutions ou les agences non gouvernementales qui veulent \u00eatre vues comme la principale source d\u2019aide ; et<\/li>\n<li>consulter les enfants sur ce dont ils ont besoin pour se sentir en s\u00e9curit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsqu\u2019on leur a demand\u00e9 ce dont ils avaient besoin pour se sentir en s\u00e9curit\u00e9, les enfants ont cit\u00e9 les points suivants<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> :<\/p>\n<ul>\n<li>la possibilit\u00e9 de parler \u00e0 quelqu\u2019un en personne, pas en ligne ;<\/li>\n<li>de l\u2019aide pour lutter contre le harc\u00e8lement \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou dans tout autre \u00e9tablissement ;<\/li>\n<li>des informations sur les lieux s\u00fbrs o\u00f9 ils peuvent se rendre s\u2019ils ne se sentent pas en s\u00e9curit\u00e9 dans leur foyer ou leur famille d\u2019accueil ;<\/li>\n<li>davantage d\u2019informations pour les adultes sur la s\u00e9curit\u00e9 en ligne ;<\/li>\n<li>des aires de jeux s\u00fbres, y compris pour les enfants en situation de rue<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><\/a>;<\/li>\n<li>la pr\u00e9sence d\u2019officiers de police qu\u2019ils connaissent (\u00e0 Ankara, par exemple, un programme a \u00e9t\u00e9 mis en place dans le cadre duquel des officiers de police sp\u00e9cialement form\u00e9s portent un badge indiquant aux enfants qu\u2019ils sont pr\u00eats \u00e0 les aider) ;<\/li>\n<li>l\u2019emploi de personnel scolaire suppl\u00e9mentaire (conseillers et travailleurs sociaux, par exemple) ;<\/li>\n<li>des amis dignes de confiance parmi les adultes ; et<\/li>\n<li>des professionnels de sant\u00e9 en mesure d\u2019expliquer les soins de sant\u00e9 et les services sociaux aux enfants.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les adultes de diff\u00e9rents pays europ\u00e9ens qui ont discut\u00e9 des recommandations de la Commission europ\u00e9enne ont d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils souhaitaient recevoir des informations (notamment sur la sant\u00e9 mentale et la protection contre la discrimination dans ce contexte) et de l\u2019aide lorsqu\u2019ils en faisaient la demande et, dans la mesure du possible, travailler avec les enfants.<\/p>\n<p>La mise en place d\u2019un tel cadre contribuerait grandement \u00e0 faire progresser un pays dans la mise en \u0153uvre des droits de l\u2019enfant.<\/p>\n<p><strong>Les \u00c9tats parties ont-ils la volont\u00e9 r\u00e9elle de proc\u00e9der \u00e0 des changements ?<\/strong><\/p>\n<p>Certaines probl\u00e9matiques li\u00e9es aux droits doivent \u00eatre r\u00e9gl\u00e9es par chaque pays ayant ratifi\u00e9 la Convention internationale des droits de l\u2019enfant. Tout d\u2019abord, un pays doit disposer d\u2019un droit des mineurs qui prot\u00e8ge les enfants et d\u2019un droit p\u00e9nal des mineurs (un droit p\u00e9nal, incluant la d\u00e9judiciarisation et les alternatives<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, sp\u00e9cialement con\u00e7u pour les mineurs)<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de disposer de tribunaux, ou au moins de sections de tribunaux, qui ne s\u2019occupent que des enfants. Il faut \u00e9galement employer des personnes sp\u00e9cialement form\u00e9es pour travailler avec les enfants. Il s\u2019agit notamment d\u2019officiers de police, de juges, de procureurs, d\u2019avocats, de travailleurs sociaux et, si la privation de libert\u00e9 est utilis\u00e9e en dernier recours, d\u2019agents p\u00e9nitentiaires. Cela implique des co\u00fbts, mais le r\u00e9sultat est que les enfants qui ont re\u00e7u une explication et dont la voix a \u00e9t\u00e9 entendue sont plus susceptibles de comprendre et d\u2019accepter une d\u00e9cision<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Les pays doivent se doter d\u2019une l\u00e9gislation moderne qui vise \u00e0 rendre la vie moins difficile aux enfants qui entrent en contact avec la loi.      <\/p>\n<p>La protection juridique est une autre question qui devrait \u00eatre trait\u00e9e par la loi et \u00e0 travers sa mise en application. Il existe encore des pays dans lesquels les enfants peuvent \u00eatre condamn\u00e9s \u00e0 la peine de mort, bien que l\u2019ex\u00e9cution soit g\u00e9n\u00e9ralement report\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019enfant ait atteint l\u2019\u00e2ge adulte. D\u2019apr\u00e8s mon exp\u00e9rience, le plus souvent, ces enfants n\u2019ont jamais vu d\u2019avocat, parce que leurs parents n\u2019ont pas les moyens d\u2019en payer un et que l\u2019\u00c9tat n\u2019en a pas fourni \u2013 malgr\u00e9 le fait que la mani\u00e8re dont les aveux sont obtenus semble plus que douteuse. En outre, les avocats sont n\u00e9cessaires pour prot\u00e9ger les enfants, victimes et t\u00e9moins, de la souffrance et du risque d\u2019\u00eatre \u00e0 nouveau traumatis\u00e9s au tribunal. Combien d\u2019\u00c9tats disposent de lois garantissant la protection des enfants concern\u00e9s ou impliqu\u00e9s dans des proc\u00e9dures civiles telles que le divorce ou le placement en dehors de leur famille imm\u00e9diate ?    <\/p>\n<p>L\u2019article 2 de la Convention traite du principe de non-discrimination. Il stipule qu\u2019aucun enfant ne doit se sentir discrimin\u00e9 pour quelque raison que ce soit. On peut donc se demander ce qu\u2019il en est des nombreuses filles qui grandissent dans le monde. Dans combien d\u2019\u00c9tats parties l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits entre les filles et les gar\u00e7ons (femmes et hommes) est-elle inscrite dans la Constitution ? Dans combien de ces \u00c9tats qui ont inscrit l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits dans la loi, les filles ne sont-elles pas entrav\u00e9es par le \u00ab plafond de verre \u00bb et les postes les plus \u00e9lev\u00e9s r\u00e9serv\u00e9s aux hommes ? Qu\u2019advient-il des filles dans tous les pays o\u00f9 il n\u2019existe aucune protection juridique ou dans lesquels elles sont explicitement discrimin\u00e9es par la loi (o\u00f9 la propri\u00e9t\u00e9 est par exemple r\u00e9serv\u00e9e aux hommes), la religion (o\u00f9 les femmes sont par exemple consid\u00e9r\u00e9es comme inf\u00e9rieures aux hommes) ou les coutumes (o\u00f9 les filles sont par exemple vendues en vue d\u2019un mariage) ? Existe-t-il un plan pour une v\u00e9ritable \u00e9galit\u00e9 des sexes \u2013 pour une \u00e9ducation et un investissement \u00e9gaux dans l\u2019avenir des filles, afin d\u2019amplifier leur voix ? Existe-t-il vraiment une volont\u00e9 de changement ?       <\/p>\n<p>En ce qui concerne la discrimination, dans combien d\u2019\u00c9tats les enfants handicap\u00e9s ont-ils une \u00ab vie inclusive \u00bb &#8211; en famille, au lieu d\u2019\u00eatre \u00ab rejet\u00e9s \u00bb dans des institutions ; \u00e0 l\u2019\u00e9cole, au lieu de recevoir une \u00ab \u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9e \u00bb pour ne pas perturber l\u2019\u00e9ducation des autres enfants ; au travail, au lieu de d\u00e9pendre de la gentillesse d\u2019autres personnes ? Encore une fois, il y a une grande diff\u00e9rence entre l\u2019existence de dispositions l\u00e9gales et leur mise en \u0153uvre. <\/p>\n<p>Un autre probl\u00e8me que l\u2019on retrouve partout est l\u2019augmentation de la violence \u2013 dans les familles, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, au travail et dans la soci\u00e9t\u00e9. Que peut-on attendre d\u2019un enfant qui a \u00e9t\u00e9 battu par son p\u00e8re, harcel\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole et qui a rejoint un gang de jeunes m\u00e9pris\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 ? De nombreux pays lancent des projets de lutte contre la violence, mais ceux-ci ont peu de chances de r\u00e9ussir tant que la politique, les m\u00e9dias et les traditions continuent de l\u2019exalter et tant qu\u2019elle persiste dans l\u2019\u00e9ducation, la famille, l\u2019\u00e9cole et les institutions.  <\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience que j\u2019ai acquise en rencontrant des enfants en prison dans certains pays a montr\u00e9 qu\u2019un personnel comp\u00e9tent, de bons outils et un environnement appropri\u00e9 permettent d\u2019\u00e9viter la r\u00e9cidive. Dans d\u2019autres pays, les prisons pour mineurs sont horribles ; dans d\u2019autres encore, les prisons pour mineurs n\u2019existent m\u00eame pas et les enfants sont emprisonn\u00e9s avec les adultes, devenant leur proie. On peut en outre affirmer que dans ces pays, on emprisonne depuis bien trop longtemps les mauvais enfants pour les mauvaises raisons.  <\/p>\n<p>Les enfants priv\u00e9s de libert\u00e9 se trouvent au bas de l\u2019\u00e9chelle financi\u00e8re dans la plupart des \u00c9tats parties. Ils ne votent pas, sont consid\u00e9r\u00e9s comme une nuisance et il est fort probable qu\u2019ils ne travailleront pas et ne paieront pas d\u2019imp\u00f4ts, alors pourquoi miser sur eux ? M\u00eame si les \u00ab bonnes \u00bb institutions ferm\u00e9es prouvent que la r\u00e9insertion est possible, les politiciens et les gens en g\u00e9n\u00e9ral ont tendance \u00e0 croire aux st\u00e9r\u00e9otypes n\u00e9gatifs.  <\/p>\n<p>Des probl\u00e8mes similaires se posent pour les enfants en mouvement, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019enfants issus de communaut\u00e9s itin\u00e9rantes, d\u2019enfants en situation de rue, de demandeurs d\u2019asile, de r\u00e9fugi\u00e9s ou d\u2019enfants victimes de la traite d\u2019\u00eatres humains. En vertu du Protocole facultatif concernant la vente d\u2019enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en sc\u00e8ne des enfants<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, tous ces enfants doivent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une protection dans l\u2019\u00c9tat qui les accueille, m\u00eame s\u2019ils ne b\u00e9n\u00e9ficiaient pas de cette protection dans le pays d\u2019o\u00f9 ils viennent. Qu\u2019ils soient accompagn\u00e9s d\u2019un adulte ou non, les enfants en d\u00e9placement seront confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes \u2013 et la nature de ces probl\u00e8mes d\u00e9pendra de la raison pour laquelle l\u2019enfant est en d\u00e9placement. Un enfant r\u00e9fugi\u00e9 a les m\u00eames droits aux soins de sant\u00e9 \u2013 y compris aux soins de sant\u00e9 mentale \u2013 qu\u2019un enfant n\u00e9 dans le pays, m\u00eame si l\u2019\u00c9tat en question affirme qu\u2019il n\u2019y a pas suffisamment de services disponibles. Un enfant demandeur d\u2019asile ou un enfant vivant ou travaillant dans la rue a le m\u00eame droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation (et le m\u00eame devoir d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole), m\u00eame si l\u2019\u00c9tat en question affirme qu\u2019il n\u2019y a pas assez d\u2019\u00e9coles et d\u2019enseignants. De m\u00eame, un enfant victime de la traite d\u2019\u00eatres humains a le droit d\u2019obtenir r\u00e9paration et celui d\u2019\u00eatre aid\u00e9 \u00e0 rentrer chez lui, m\u00eame si le syst\u00e8me judiciaire de l\u2019\u00c9tat concern\u00e9 lui refuse toute aide parce qu\u2019il a refus\u00e9 de t\u00e9moigner devant un tribunal et qu\u2019il est maintenu en garde \u00e0 vue.     <\/p>\n<p>Selon la Convention, lue dans son int\u00e9gralit\u00e9 et ratifi\u00e9e par tous les \u00c9tats parties qui l\u2019ont sign\u00e9e, un enfant arrivant dans un pays donn\u00e9 doit automatiquement \u00eatre trait\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re que tout enfant ayant la nationalit\u00e9 de ce pays. Ce principe est particuli\u00e8rement important \u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle, o\u00f9 de plus en plus de personnes, sur presque tous les continents, doivent fuir leur pays d\u2019origine. <\/p>\n<p>Un autre probl\u00e8me, plus pressant que jamais dans l\u2019histoire (\u00e0 l\u2019exception peut-\u00eatre du Moyen-\u00c2ge), est le nombre d\u2019enfants touch\u00e9s par la guerre. Ce probl\u00e8me est abord\u00e9 non seulement par la Convention, mais aussi (outre les protocoles de Gen\u00e8ve) par le Protocole facultatif concernant l\u2019implication d\u2019enfants dans les conflits arm\u00e9s<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. <\/p>\n<p>Ici il faut avant tout s\u2019occuper des enfants soldats, qu\u2019il s\u2019agisse de gar\u00e7ons ou de filles. Dans presque tous les \u00c9tats parties, les arm\u00e9es nationales n\u2019utilisent pas d\u2019enfants soldats, mais dans un certain nombre d\u2019\u00c9tats des acteurs non officiels le font. Dans une large mesure, ils le font sans en \u00eatre emp\u00each\u00e9s par l\u2019\u00c9tat, qui est souvent trop faible pour pouvoir intervenir. Des programmes internationaux de d\u00e9sarmement existent certes, mais ils ne sont pas assez nombreux pour aider ces enfants, dont la plupart souffrent de lourds traumatismes, ne sont jamais all\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole et n\u2019ont jamais vu de m\u00e9decin de leur vie. Tr\u00e8s souvent, les familles des enfants soldats refusent de les reprendre pour des raisons li\u00e9es \u00e0 la tradition ou la religion. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai lorsqu\u2019il s\u2019agit de filles, qui ne peuvent plus \u00eatre mari\u00e9es. Elles n\u2019ont donc pratiquement aucune chance d\u2019avoir un avenir d\u00e9cent.      <\/p>\n<p>Dans les pays aujourd\u2019hui d\u00e9chir\u00e9s par la guerre, il n\u2019y a pas que les droits des enfants devenus soldats qui sont viol\u00e9s. O\u00f9 est la protection des enfants dont les \u00e9coles ont \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9es ? O\u00f9 est l\u2019assistance pour les enfants qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s comme boucliers humains ? O\u00f9 y a-t-il suffisamment de soins de sant\u00e9, d\u2019\u00e9ducation, de nourriture et d\u2019endroits s\u00fbrs dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s ou dans les ruines des villes et des villages pour que les enfants puissent jouer ? Qui aide les fillettes de neuf ans qui ont \u00e9t\u00e9 mari\u00e9es par leur p\u00e8re \u00e0 quelqu\u2019un qui peut payer le prix et les nourrir ? Qui emp\u00eache le recrutement d\u2019enfants par les bellig\u00e9rants ? Enfin, o\u00f9 est l\u2019assistance juridique pour les enfants qui sont accus\u00e9s d\u2019\u00eatre membres d\u2019un groupe terroriste ou qui sont inculp\u00e9s dans un contexte de lutte contre le terrorisme devant un tribunal militaire \u2013 d\u2019autant plus que la Convention stipule clairement que les enfants ne doivent \u00eatre trait\u00e9s que par des tribunaux pour mineurs<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a> ? Est-ce la peur, la haine ou le besoin de vengeance qui emp\u00eachent la mise en \u0153uvre des garanties juridiques les plus \u00e9l\u00e9mentaires pour ces enfants ?       <\/p>\n<p>Cette liste d\u2019exemples de la mani\u00e8re dont les articles de la Convention et les recommandations du Comit\u00e9 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre est loin d\u2019\u00eatre compl\u00e8te. Comme nous l\u2019avons dit au d\u00e9but de ce chapitre, l\u2019existence de la Convention est une bonne chose, mais il reste encore beaucoup \u00e0 faire. <\/p>\n<p>Il est difficile de pr\u00e9dire quand cela se produira : comme chacun le sait, les enfants ne sont que des enfants, pas des adultes \u00e0 part enti\u00e8re \u2013 et donc, pour de nombreux \u00c9tats parties, ils comptent moins.<\/p>\n<p>Oh, oui, un enfant n\u2019est qu\u2019un enfant &#8230;<\/p>\n<h3>Footnotes<\/h3>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00ab Organes conventionnels : Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant \u00bb, Haut-commissariat des droits de l\u2019homme aux Nations Unies, <a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/treaty-bodies\/crc\">https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/treaty-bodies\/crc<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00ab Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant \u00bb, <a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/treaty-bodies\/crc\">https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/treaty-bodies\/crc<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> AG R\u00e9s. 40\/25, Convention relative aux droits de l\u2019enfant (20 novembre 1989), arts. 3, 37 et 40.  <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> L\u2019enseignement qualifi\u00e9 est un enseignement dispens\u00e9 par un personnel qualifi\u00e9 disposant de tout l\u2019\u00e9quipement n\u00e9cessaire (livres, ordinateurs, mat\u00e9riel d\u2019\u00e9criture, etc.).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Commission europ\u00e9enne, <em>Recommandation de la Commission du 23.4.2024 relative au d\u00e9veloppement et au renforcement des syst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s de protection de l\u2019enfance dans l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l\u2019enfant<\/em> (avril 2024), <a href=\"https:\/\/commission.europa.eu\/document\/download\/36591cfb-1b0a-4130-985e-332fd87d40c1_fr?filename=C_2024_2680_1_EN_ACT_part1_v8.pdf\">https:\/\/commission.europa.eu\/document\/download\/36591cfb-1b0a-4130-985e-332fd87d40c1_fr?filename=C_2024_2680_1_EN_ACT_part1_v8.pdf<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant des Nations Unies, Observation g\u00e9n\u00e9rale 24 sur les droits de l\u2019enfant dans le syst\u00e8me de justice pour enfants, UN doc. CRC\/C\/CG\/24, art. 40. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Le Comit\u00e9 des droits de l\u2019enfant des Nationas Unies d\u00e9finit les enfants des rues comme \u00ab des enfants qui d\u00e9pendent de la rue pour vivre ou travailler, seuls, avec des pairs ou avec leur famille \u00bb. Cf. Bureau International Catholique de l\u2019Enfance, \u00ab Les enfants en situation de rue. Une r\u00e9alit\u00e9 mondiale alarmante \u00bb,, <a href=\"https:\/\/bice.org\/fr\/enfants-des-rues-ne-les-oublions-pas\/#:~:text=Qu'entend%2Don%20exactement%20par,pairs%20ou%20avec%20leur%20famille\">https:\/\/bice.org\/fr\/enfants-des-rues-ne-les-oublions-pas\/#:~:text=Qu&#8217;entend%2Don%20exactement%20par,pairs%20ou%20avec%20leur%20famille<\/a>.  <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Une \u00ab d\u00e9judiciarisation \u00bb est une mesure qui donne \u00e0 l\u2019enfant la possibilit\u00e9 (avec son accord) de r\u00e9parer le mal qu\u2019il a fait sans avoir d\u2019autres contacts avec la justice, par exemple \u00e0 travers des travaux d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, la m\u00e9diation et les conf\u00e9rences familiales. Une \u00ab alternative \u00bb vise \u00e0 donner \u00e0 l\u2019enfant une chance d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00eatre puni (en particulier par privation de libert\u00e9). Les exemples d\u2019alternatives incluent les avertissements du tribunal, l\u2019interdiction de se rendre dans certains lieux et l\u2019\u00e9ducation obligatoire. Pour plus d\u2019informations, voir CRC\/C\/CG\/24, art. 40.   <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> AG R\u00e9s. 44\/24, arts. 37 et 40.  <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> AG R\u00e9s. 44\/24 ; CRC\/C\/CG\/24. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> AG R\u00e9s. 54\/263, Protocole facultatif \u00e0 la Convention relative aux droits de l\u2019enfant concernant la vente d\u2019enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en sc\u00e8ne des enfants (16 mars 2001). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> AG R\u00e9s. 54\/263.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 80%;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> AG R\u00e9s. 44\/24, art. 40 ; CRC\/C\/CG\/24. <\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6e7f416 elementor-icon-list--layout-inline elementor-list-item-link-full_width elementor-widget elementor-widget-icon-list\" data-id=\"6e7f416\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"icon-list.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<ul class=\"elementor-icon-list-items elementor-inline-items\">\n\t\t\t\t\t\t\t<li class=\"elementor-icon-list-item elementor-inline-item\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.okaju.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Extrait_Winter_Un-siecle-de-droits-de-lenfants.pdf\" target=\"_blank\">\n\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<span class=\"elementor-icon-list-icon\">\n\t\t\t\t\t\t\t<svg aria-hidden=\"true\" class=\"e-font-icon-svg e-far-file-pdf\" viewBox=\"0 0 384 512\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\"><path d=\"M369.9 97.9L286 14C277 5 264.8-.1 252.1-.1H48C21.5 0 0 21.5 0 48v416c0 26.5 21.5 48 48 48h288c26.5 0 48-21.5 48-48V131.9c0-12.7-5.1-25-14.1-34zM332.1 128H256V51.9l76.1 76.1zM48 464V48h160v104c0 13.3 10.7 24 24 24h104v288H48zm250.2-143.7c-12.2-12-47-8.7-64.4-6.5-17.2-10.5-28.7-25-36.8-46.3 3.9-16.1 10.1-40.6 5.4-56-4.2-26.2-37.8-23.6-42.6-5.9-4.4 16.1-.4 38.5 7 67.1-10 23.9-24.9 56-35.4 74.4-20 10.3-47 26.2-51 46.2-3.3 15.8 26 55.2 76.1-31.2 22.4-7.4 46.8-16.5 68.4-20.1 18.9 10.2 41 17 55.8 17 25.5 0 28-28.2 17.5-38.7zm-198.1 77.8c5.1-13.7 24.5-29.5 30.4-35-19 30.3-30.4 35.7-30.4 35zm81.6-190.6c7.4 0 6.7 32.1 1.8 40.8-4.4-13.9-4.3-40.8-1.8-40.8zm-24.4 136.6c9.7-16.9 18-37 24.7-54.7 8.3 15.1 18.9 27.2 30.1 35.5-20.8 4.3-38.9 13.1-54.8 19.2zm131.6-5s-5 6-37.3-7.8c35.1-2.6 40.9 5.4 37.3 7.8z\"><\/path><\/svg>\t\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<span class=\"elementor-icon-list-text\">Download the article in PDF format<\/span>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/li>\n\t\t\t\t\t\t<\/ul>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-577411b9 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"577411b9\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-29a59cf elementor-widget elementor-widget-post-navigation\" data-id=\"29a59cf\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"post-navigation.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-post-navigation\" role=\"navigation\" aria-label=\"Post Navigation\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-post-navigation__prev elementor-post-navigation__link\">\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.okaju.lu\/en\/100-joer-kannerrechter\/children-in-conflict-zones-dreams-and-realities\/\" rel=\"prev\"><span class=\"elementor-post-navigation__link__prev\"><span class=\"post-navigation__prev--label\">Previous chapter<\/span><span class=\"post-navigation__prev--title\">Children in conflict zones: dreams and realities<\/span><\/span><\/a>\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-post-navigation__next elementor-post-navigation__link\">\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.okaju.lu\/en\/100-joer-kannerrechter\/ensuring-childrens-rights-for-climate-justice\/\" rel=\"next\"><span class=\"elementor-post-navigation__link__next\"><span class=\"post-navigation__next--label\">Next chapter<\/span><span class=\"post-navigation__next--title\">Ensuring children\u2019s rights for climate justice<\/span><\/span><\/a>\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Renate Winter Renate Winter began her judicial career in 1981 in Vienna as judge of the Viennese Youth Court. 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