Réunis la semaine dernière à Bruxelles, les médiateurs et ombudsmans du BENELUX ont placé le droit à la correction de l’erreur au cœur de leurs échanges. Estimant qu’une erreur commise de bonne foi ne devrait pas conduire automatiquement à une sanction, ils ont signé une recommandation commune adressée aux gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois afin de promouvoir une administration plus accessible, plus compréhensible et davantage fondée sur la confiance.
Pour l’OKAJU, cette rencontre a surtout été l’occasion de retrouver Caroline Vrijens, Marlene Hardt, Charel Schmit et Solayman Laqdim, défenseurs des droits de l’enfant en Belgique et au Luxembourg, et de constater à quel point les préoccupations sont similaires d’un pays à l’autre. Malgré des cadres institutionnels parfois très différents, tous observent un même décalage entre les droits reconnus aux enfants et leur réalité quotidienne.
Les échanges ont notamment mis en lumière les situations où les systèmes de protection peinent à répondre aux besoins des enfants les plus vulnérables. Qu’il s’agisse de jeunes sans solution d’accueil adaptée, d’enfants en situation migratoire ou de familles confrontées à des démarches administratives complexes, le constat est partagé : aucun enfant ne devrait être laissé de côté en raison des limites d’un système ou d’un manque de coordination entre services.
Une attention particulière a également été accordée aux violences sexuelles faites aux enfants, à l’inceste, aux violences commises dans certains cadres institutionnels ainsi qu’à l’exploitation des mineurs. Les défenseurs des droits de l’enfant ont souligné l’importance de mieux entendre la parole des victimes, de renforcer la prévention et de garantir une protection effective des enfants les plus exposés.
Un autre message fort a porté sur les conséquences des politiques d’austérité. Réduire les moyens consacrés à la prévention, à l’accompagnement des familles, à la santé mentale, au logement ou à l’aide à la jeunesse peut avoir des effets durables sur le bien-être des enfants. Investir dans l’enfance n’est pas une dépense, mais une condition essentielle pour prévenir l’exclusion, les ruptures de parcours et les situations de vulnérabilité.
Les représentants néerlandais ont enfin attiré l’attention sur la situation des enfants issus des gens du voyage et d’autres communautés vivant encore en marge des dispositifs de protection. Lorsque l’accès aux droits fondamentaux, à l’éducation ou à l’accompagnement social n’est pas garanti, les risques d’exclusion, d’abus, d’exploitation ou de traite augmentent considérablement.
Pour l’OKAJU, ces échanges confirment l’importance d’une coopération étroite entre les institutions chargées de défendre les droits de l’enfant. Ils rappellent surtout qu’au-delà des textes, la qualité d’une société se mesure à sa capacité à protéger les enfants les plus vulnérables et à faire de leur intérêt supérieur une priorité dans chaque décision publique.
La rencontre s’est enfin clôturée par un échange sur l’application des règles européennes de coordination de la sécurité sociale ainsi que sur les opportunités et les défis liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le travail des médiateurs et des institutions de défense des droits.