Projet de loi portant organisation de l’enseignement à domicile

À la lumière de l’analyse du projet de loin° 8558, l’OKAJU formule les recommandations suivantes afin de garantir la sécurité juridique, la proportionnalité des mesures et le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant :

  • harmoniser les termes « titulaire de l’autorité parentale » et « représentant légal » afin de sécuriser juridiquement la possibilité pour les familles d’accueil ou autres représentants légaux de demander un enseignement à domicile ;
  • préciser la situation des enfants résidant à l’étranger afin de respecter l’obligation scolaire applicable dans leur État de résidence ;
  • prévoir un dispositif d’accompagnement comparable à celui des écoles privées pour les enfants à besoins spécifiques instruits à domicile ;
  • garantir, en cas de réintégration en présentiel, la continuité des mesures adaptées dont l’enfant bénéficiait à domicile ;
  • encadrer avec précision les modalités de contrôle pédagogique notamment en incluant fréquence, conditions, caractère cumulatif, et listes ou critères objectifs de documents à fournir ;
  • empêcher que l’enfant soit pénalisé dans son parcours scolaire pour des erreurs matérielles ou omissions involontaires liées à la lourdeur administrative ;
  • prévoir que le retrait de l’autorisation doit faire l’objet d’une évaluation individualisée des manquements et que l’enfant doit rester dans son environnement pendant l’examen des voies de recours, sauf danger imminent dûment motivé ;
  • définir clairement les procédures d’accès aux examens de fin d’études ;
  • clarifier la possibilité d’émettre des certificats de scolarité ;
  • prévoir un comité d’accompagnement mixte pour aviser et évaluer la mise en œuvre du nouveau régime de l’enseignement à domicile et de formuler, si nécessaire, des recommandations d’amélioration au ministre compétent.

Le droit à l’éducation est un droit fondamental de chaque enfant, indissociable de son besoin vital de grandir, de développer pleinement ses capacités, de s’épanouir et de s’intégrer dans la société comme citoyen actif et responsable. Ce droit est consacré tant au niveau international, par les articles 28 et 29 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CRDE), qu’au niveau national par la Constitution luxembourgeoise révisée, qui garantit à l’article 33 l’accès à l’éducation, la liberté d’enseignement et le respect des valeurs démocratiques.

La Constitution luxembourgeoise intègre par ailleurs les droits de l’enfant à l’article 15, permettant une lecture du droit à l’éducation à la lumière des principes directeurs de la CRDE, en particulier l’intérêt supérieur de l’enfant, la protection et la provision favorisant son bien-être et son développement, ainsi que son droit à la participation. Toute réglementation en matière éducative doit dès lors placer l’enfant, et non le système, au centre.

Dans ce contexte, l’enseignement à domicile constitue une modalité particulière d’accès à l’éducation, destinée notamment aux enfants pour lesquels le système scolaire ordinaire ne répond pas, ou plus, de manière adéquate à leurs besoins spécifiques. Il ne doit pas être conçu comme une simple reproduction de l’école à domicile, mais comme un cadre éducatif souple, individualisé et respectueux du rythme, de la situation et des potentialités de l’enfant. Grâce à sa flexibilité, cette modalité constitue une alternative précieuse, souvent mise en place pour répondre à une souffrance réelle et éprouvée par l’enfant.

L’État conserve un rôle essentiel de garant de l’accès à l’éducation et de la qualité des enseignements, ainsi que de la protection de l’enfant. Toutefois, les mécanismes de contrôle doivent rester proportionnés et distincts des dispositifs relevant de la protection de l’enfance, afin d’éviter toute logique de surveillance excessive. Enfin, il est essentiel de ne pas présumer des intentions parentales, mais d’évaluer la situation à partir du vécu de l’enfant, de son bien-être et de ses progrès, même modestes, en particulier lorsqu’il présente des vulnérabilités psychiques.

Illustration, Hibou de l'OKAJU
Le droit à l’éducation est un droit fondamental de chaque enfant, indissociable de son besoin vital de grandir, de développer pleinement ses capacités, de s’épanouir et de s’intégrer dans la société comme citoyen actif et responsable.
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Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher

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65, route d’Arlon
L-1140 Luxembourg

Projet de loi portant organisation de l’enseignement à domicile

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